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jeudi, 19 juin 2008

Passage des Arts en juin

64c09e67b15f2fc792d8591d5f77e060.jpgL’association Passage des Arts, dont nous avons parlé à plusieurs reprises, a une actualité chargée en juin et sa directrice, Mireille Hayaux, a bien voulu nous accorder une interview.

 

Paris Neuvième (PN) : sans entrer dans les détails, quelle est votre actualité pour ce mois de juin ?

Mireille Hayaux (MH) : trois temps décisifs. D’abord, le 12 juin l’Assemblée Générale annuelle de notre association est l’occasion pour nous d’exposer jusqu’au 27 juin les travaux de nos ateliers à la Maison des Associations du 9e. Ensuite, un concours peinture organisé cette année en coordination avec le Conseil de quartier Trudaine Rochechouart puisqu’il aura lieu le 28 juin, date à laquelle est organisé le repas de quartier. Enfin, le 30 juin nous quittons le local où nous sommes accueillis par l’Aumônerie Catholique avenue Trudaine depuis 7 années. Nous sommes toujours à la recherche d’un local.

PN : nous allons revenir sur ces trois temps mais pourriez vous très rapidement nous rappeler quels sont les objectifs de Passage des Arts ?

MH : l’association cherche à toucher des personnes traversant des passes difficiles, la plupart du temps isolées et ayant peu de moyens. Nous leur proposons l’activité artistique comme moyen de se remobiliser. Le plus important pour nous est que  ces personnes qui participent à nos ateliers reprennent confiance en elles, développent leur potentiel et se remettent dans un dynamique de projet.

PN : pourquoi exposez vous les réalisations des ateliers à la Maison des Associations ?

MH : deux raisons principales, l’une interne à Passage des Arts, l’autre externe.

Exposer leurs réalisations est un acte fort pour les participants à nos ateliers, car c’est quelque part se confronter à l’autre, c’est, par la médiation de « l’œuvre » produite, exister dans le regard de l’autre et donc partie intégrante de la démarche voulue par l’association. C’est aussi l’occasion de montrer aux adhérents de PASSAGE des ARTS comment les participants des ateliers ont cheminé dans leur pratique pendant l’année.

Exposer à la Maison des Associations est une ouverture qui s’est faite dans sa mission que nous avions été les premiers à demander.  C’est maintenant un rite naturel d’y trouver des expositions ou animations régulières. Cette structure relativement récente dans le 9e nous épaule bien et commence à jouer un rôle de lien fort utile entre les associations. C’est aussi la volonté pour Passage des Arts d’être un acteur associatif bien présent dans l’arrondissement, que ce soit par le biais de la Maison des Associations ou par le biais des relations d’échange que nous cultivons avec de nombreuses structures : associations, certains équipements institutionnels ou conseils de quartier.

PN : en incidente, cela m’amène à vous poser la question de vos relations avec la Mairie ?


MH : nous ne sommes pas à cet égard dans une situation différente des autres associations du 9e. Nos relations avec l’exécutif municipal dans le 9e sont bonnes et nous participons le plus souvent possible aux manifestations organisées par l’Hôtel de Ville comme le forum des associations. L’arrivée d’Amina Bécheur, en charge du monde associatif dans lequel elle est elle-même très impliquée, nous rassure. Impression confirmée par les premières réunions que nous avons eues avec elle. La promesse de Bertrand Delanoë de faire en sorte que 25% du montant des subventions allouées par la Ville le soit par le truchement des Mairies d’arrondissements va dans le bon sens.

Néanmoins, je ne serais pas honnête en vous disant que tout va bien dans le meilleur des mondes ! Une association comme Passage des Arts ne peut vivre qu’avec une bonne part de subventions pérennes relevant de conventions pluri annuelles qui lui permettent de programmer et de s’engager dans le temps. Nous ne sommes pas encore arrivés à sécuriser les quelques subventions que la Mairie nous accorde et sommes confrontés à pas mal de difficultés dans ce domaine. J’en profite pour dire combien nous sommes étonnés des montants des subventions allouées, par exemple, aux associations des commerçants dans le cadre du soutien à leurs activités par rapport aux montants qui sont alloués aux associations à caractère social comme la notre. La complexité est que nous devons être autonomes, produire des fonds propres sans être source de concurrence avec le marché local, comment faire ?

PN : parlez nous du concours peinture du 28 juin ?

MH : tout comme exposer à la Maison des Associations, organiser le concours peinture dans le quartier Trudaine Rochechouart en coordination avec son Conseil de quartier est pour nous non seulement le signe de notre ancrage dans le 9e mais la volonté d’y être un acteur pour créer ou recréer du lien social, de l’échange. L’année dernière, un des peintres, place Lino Ventura a même été sollicité par de nombreux touristes pour des informations ! Cette année le thème du concours est « les objets de la rue ». Il se tiendra dans le périmètre Trudaine – Condorcet - Square d’Anvers. Ceux que cela intéresse trouveront sur notre blog toutes les informations nécessaires. Le concours est doté de bons prix fournis par des partenaires généreux.

PN : la question de votre local reste entière ?

MH : hélas, oui ! Il est clair que les conditions de l’immobilier dans le 9e nous posent problème. Nous cherchons activement, quelques pistes se dégagent et je ne veux pas ennuyer vos lecteurs avec cette question purement matérielle. Néanmoins, il me parait utile de vous dire combien les choses évoluent vite dans le monde associatif sur cette question. La tendance est désormais aux lieux partagés, non seulement pour des raisons économiques, mais aussi parce que partager un endroit, c’est créer un dynamique d’échanges, stimuler les initiatives, confronter les expériences et les idées. C’est simplement entrer dans une démarche collective ! Et pour en revenir à nos relations avec la Mairie, c’est un message que je souhaiterais faire passer : pourquoi ne pas travailler un projet collectif où les associations pourraient y exercer leurs activités ? Je pense par exemple au grand centre rue de la Tour des Dames qui doit être créé bientôt ou encore à l’immeuble de la rue de Châteaudun que la Mairie vient d’acquérir auprès du Ministère de l’Education Nationale.

PN : pour conclure et très brièvement, quels sont vos projets ?

MH : la priorité des priorités est le local. Sans local, que faire ? Nous préfèrerions rester dans le 9e où nous avons tissé tout un tissu relationnel et avons œuvré pour rassembler autour des pratiques artistiques. Nous n’écartons cependant aucune autre possibilité. Nous voulons rester un acteur associatif très actif dans la vie des quartiers même si cette année, toujours à cause la question du local, nous n’organiserons pas Place à la Fête ! comme les trois années précédentes.

En ce qui concerne l’association elle-même, nous devons à chaque instant penser à sa pérennité et aussi à son développement. Si nous le pouvons, nous envisagerons un atelier chant et sur le plan des structures, d’ouvrir encore plus largement sur l’extérieur notre Conseil d’administration qui chez nous joue un rôle important, gardien qu’il est de notre éthique.

07:00 Ecrit par Didier VINCENT dans Tout le 9ème | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, association, social

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