« Peinture & Musique | Page d'accueil | Conseil de quartier »
mardi, 27 septembre 2005
Opinion
Les différentes petites enquêtes que Paris Neuvième a pu mener très récemment à l’occasion des différents projets de réaménagement de notre quartier comportent toutes au moins un point commun : l’Architecte des Bâtiments de France en charge de notre arrondissement. Qu’on nous entende bien, ce qui suit n’est en aucun cas une critique de cette honorable profession mais un doigt pointé sur une anomalie de fonctionnement de notre Démocratie.
Il se trouve que depuis quelques années, les Parisiens que nous sommes, sont consultés par nos élus dans le cadre des projets de modernisation de certains endroits. Certes, il y a encore des loupés, mais cette concertation accrue est dans le sens de l’Histoire. C’est aussi un progrès dans l’exercice de la Démocratie.
Chaque projet fait l’objet d’études très sérieuses confiées à des spécialistes, qui de la voirie, qui de la sécurité, qui de l’urbanisme, etc. et de toutes ces études compliquées ressortent en général les projets soumis aux habitants qui peuvent les amender suivant leurs goûts, le mode vie dans le quartier, les problèmes quotidiens rencontrés sur le terrain et qui peuvent avoir échappé aux spécialistes. Dans ce cadre des choix sont faits par les résidents à la majorité des personnes participant à la consultation.
Mais ces choix, ceux voulus et démocratiquement sélectionnés, doivent faire l’objet d’un accord de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF).
Prenons plusieurs exemples touchant directement notre 9ème.
Le haut de la rue des Martyrs vient d’être réaménagé et des arbres (une dizaine) doivent y être plantés. Le choix des arbres est un sujet délicat et notre Mairie a demandé aux habitants du quartier Lorette Martyrs tout comme aux commerçants de faire un choix parmi plusieurs essences proposées par les Parcs et Jardins. Un choix a été fait par les habitants mais la décision finale revient à l’ABF.
Toujours rue des Martyrs, le Conseil de quartier Lorette Martyrs avait en projet un petit remodelage du chevet de l’église Notre Dame de Lorette en enlevant les grilles qui longent les murs de manière à libérer un peu d’espace et éviter que celui-ci reste un endroit essentiellement destiné à recevoir des ordures en tout genre. Ce projet a été démocratiquement accepté par les habitants mais l’ABF a eu la décision finale et celle-ci fut négative.
Dans le quartier Clichy Trinité, la réorganisation de la place Adolphe Max (square Berlioz) est en cours d’études. Mais comme le peintre Vuillard a vécu là, qu’il a peint cette place plusieurs fois, la voilà l’objet d’une préservation par l’ABF, contraignant les habitants dans un champ de modifications limité.
Pour caricaturer un peu, les citoyens choisissent, l’ABF décide !
Qu’est ce qu’un Architecte des Bâtiments de France. C’est un fonctionnaire d’Etat qui travaille au sein de Services départementaux de l’architecture et du patrimoine. Sa mission est de faire respecter les législations sur l’architecture, l’urbanisme et de diriger les travaux d’entretien (voir ICI)
La vérité est de dire que nous entrons là dans une logique de conservation bien mal adaptée aux exigences modernes. Loin de nous de penser qu’il faille laisser faire tout et n’importe quoi et que le travail des ABF est inutile. Mais il faut vivre avec son temps, dans son siècle. Est-ce par ce que l’église Notre Dame de Lorette était prévue à son origine avec des grilles l’entourant que nous sommes condamnés à garder ces grilles pour l’éternité ? Est-ce parce que du point de vue de l’ABF le platane serait plus adapté à l’environnement patrimonial du haut de la rue des Martyrs qu’il doit imposer celui ci alors que les habitants ont retenu l’érable ? (nota : il s'agit là d'un cas d'école). La décision des citoyens vivant dans le quartier ne doit elle pas primer, dans la mesure où les décisions prises sont « raisonnables », à celle d’un fonctionnaire, aussi respectable soit-il ?
Cela peut paraître un détail, mais il a son importance car ce genre de situation se retrouve à tous les niveaux de prise de décision.
07:00 Ecrit par Didier VINCENT dans Vie citoyenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris




Les commentaires sont fermés.